Auteur.e.s : Sarah Daniel &

                       Benoît Kanadus

Edition : Grasset

Nombre de pages : 208 pages




Résumé :

« Le manuel de l’esclavage, c’est un peu la Convention de Genève du djihadisme, écrite par une génération qui croit vivre dans l’Arabie du viie siècle tout en regardant Game of Thrones, où les scènes de bordels servent d’intermèdes aux décapitations… Esclave de douze maîtres, vendue et revendue de Qaraqosh en Irak à Raqqa en Syrie, l’histoire de Marie dessine la géographie de l’État islamique. Et sa théologie : tous les péchés des hommes se sont incarnés dans son corps de femme… » Marie nous a confié son histoire : elle a exigé que tout soit raconté, que rien ne soit omis. Son récit bouleversant est celui d’une chrétienne capturée par les djihadistes, qui veut vivre, qui se bat, qui refuse de se laisser briser par la bestialité des hommes. Et celui de la victime, souillée, torturée, violentée, qui découvre finalement comment on est accueilli par les siens quand on revient de l’enfer. Ce livre montre les exactions commises au nom de la charia. Il oblige à voir comment les fondamentalistes, qui n’ont d’yeux que pour les vierges du Paradis, transforment les femmes en putains.

Lis moi !


Pourquoi lire “La putain du califat” ?



Marie est irakienne et fait partie de la communauté chrétienne d’Orient, une minorité persécutée depuis la montée en puissance de groupes extrémistes religieux. Elle est blonde et ses yeux couleur d’eau font d’elle un oiseau rare qu’il tarde aux hommes de mettre en cage.


Un témoignage plutôt froid

J’ai trouvé ce récit assez froid, il m’a donc moins pris aux tripes… sans doute parce que l’autrice raconte le calvaire de Marie de manière journalistique et informative. Cette prise de recul m’a déstabilisée, de sorte qu’il m’a été plus difficile de m’immerger dans ce témoignage. À titre de comparaison, j’ai été bien plus touchée par le récit de Nadia Murad, dans « Pour que je sois la dernière » où elle raconte comment elle a échappé au massacre des siens pour finalement devenir une esclave sexuelle au sein de Daech. Il va s’en dire que je critique là la manière de mettre en forme le récit et non le témoignage en lui-même, les deux racontent la même horreur indescriptible.


La putain du califat : le cauchemar à l’état brut

Marie a besoin qu’on nomme ses agresseurs un à un, sans en oublier aucun. Elle raconte son cauchemar sans filtres, avec la dureté qui caractérise son histoire. J’ai été très attristée de savoir qu’une fois sorties de l’horreur et retournées dans leurs familles, la plupart des anciennes sabiyas sont accueillies avec réticence et honte.


Le statut d’un animal

Grâce à ce livre, tu apprendras plus sur la pseudolégislation (pseudo, parce qu’en vérité, les lois s’assouplissent au gré du désir des hommes…) qui règlemente les sabiyas (esclaves sexuelles). Il faut aussi savoir qu’au sein de l’État islamique, celles-ci ont à peu près le même statut qu’un animal. Un simple contrat de propriété les lie à la toute-puissance des hommes et de leurs caprices.


Conclusion

Tu l’auras compris, “la putain du califat” traite d’un sujet difficile sans fioritures. Si tu es du genre très sensible et que tu as tout de même envie de tenter, je te conseille d’y aller sur la pointe des pieds ! Pour ma part, j’ai aimé ce témoignage même si je l’ai trouvé moins prenant et plus terre à terre que d’autres lus précédemment.


la putain du califat infographie