Auteure : Joseph Boyden

Edition : Le livre de poche

Nombre de pages : 480 pages



Résumé : 1919. Nord de l’Ontario. Niska, une vieille Indienne, attend sur un quai de gare le retour d’Elijah, un soldat qui a survécu à la guerre. À sa grande surprise, l’homme qui descend du train est son neveu Xavier qu’elle croyait mort, ou plutôt son ombre, méconnaissable. Pendant trois jours, à bord du canoë qui les ramène chez eux, et tandis que sa tante essaie de le maintenir en vie, Xavier revit les heures sombres de son passé : l’engagement dans l’armée canadienne avec Elijah, son meilleur ami, et l’enfer des champs de bataille en France…

Lis moi !

“La Compagnie de la Baie d’Hudson entretenait chez les Crees une passion féroce pour les fourrures. En conséquence, les bêtes furent presque exterminées et l’heure arriva, pour les gens des bois, où même mes plus aguerris durent affronter un choix difficile : rejoindre les réserves ou se résoudre à mourir de faim”

Lorsque Xavier sort du train qui le ramène chez lui après des années de guerre, Niska – sa tante –, peine à le reconnaître. Ce petit garçon qu’elle a élevé et tant aimé, ne semble plus du tout être le même. Durant trois jours que dure le voyage pour rentrer à leur campement en canoë, le silence du traumatisme laisse place à la parole.

Le récit se construit à deux voix avec brio. Xavier subit son addiction à la morphine et sombre régulièrement dans un état semi-comateux. Perdu dans ses souvenirs, il raconte au lecteur l’horreur de la guerre, le racisme ordinaire, les pertes et la manière dont un conflit tel que celui de 14-18, peut changer un homme.

Sa tante qui pense le perdre pour de bon, croit fermement au pouvoir médicinal du conte. Elle aussi se met alors à raconter. Ses souvenirs dénoncent avec nostalgie l’extinction de la tribu Cree dont elle fait partie et l’assimilation forcée des enfants amérindiens par le gouvernement canadien.

J’ai été surprise de la finesse avec laquelle l’auteur dépeint les scènes de combat. En effet, je n’ai jamais ressenti avec autant de réalisme l’enfer de la guerre. J’ai aussi été marquée par ces instants de grâce où le combattant reconnaissait en l’adversaire un frère en humanité, englué comme lui dans cette horreur sans nom.

J’aurais cependant apprécié que les flashbacks soient mieux délimités par l’auteur. J’ai parfois été un peu perdue ce qui m’a poussé à revenir quelques lignes en arrière pour comprendre où j’en étais dans la chronologie.

Conclusion


En bref, un roman qui a frôlé de très près le coup de coeur. J’ai aimé l’écriture accessible de l’auteur, la forte spiritualité qui se dégage des personnages. La question de l’assimilation forcée des populations amérindiennes (qui ne sont toujours pas dédommagés – à ma connaissance- par le gouvernement canadien) est très bien menée et se comprend quand on sait que l’auteur avait un ancêtre cree qui s’est engagé dans ce conflit mondial. Ce livre est avant tout un bel hommage à cet homme !