Auteurs : Severine Vidal & Victor                                       L. Pinel

Edition : Grand Angle

Nombre de pages : 80 pages




Résumé :

Pour Yvonne qui a encore toute sa tête à 80 ans, l’arrivée en EHPAD est difficile. Contre toute attente, elle se lie d’amitié avec un groupe de résidents, aussi drôles et lucides qu’elle, et tombe même amoureuse. Mais rapidement, la vieillesse la rattrape. Prise dans le tourbillon inéluctable de la vie, l’octogénaire décide de s’offrir une dernière parenthèse enchantée. Elle embarque sa bande dans une fugue, une balade… comme un dernier plongeon dans l’eau fraîche.

Lis moi !


Pourquoi lire “Le Plongeon” ?



Parlons de la couverture…

Déjà, parlons de cette couverture… elle reflète avec bio toute la poésie de cette BD ! J’ai eu la chance la découvrir grâce à l’opération Masse Critique de Babelio, c’est en gros un tirage au sort qui permet aux bloggueurs.euses de recevoir un ouvrage en échange d’un avis positif OU négatif. Sincèrement, il fallait que je vous en parle le plus vite possible, c’est c’est un énorme coup de cœur !

Une histoire triste et clichée ?

J’ai eu un peu peur en lisant le résumé, je l’avoue. Parce que j’ai été bénévole deux ans et demi en EHPAD, je crois avoir fait un peu le tour de la réalité de ce genre d’établissement. Manque de moyens, de personnel et en conséquence d’humanité, j’avais peur de lire une histoire simplement triste et clichée. Et franchement, tout est merveilleusement bien dosé : l’humour (certains passages sont vraiment géniaux), la mélancolie, la nostalgie et la poésie se mêlent ensemble avec équilibre.

Mon attachement à Yvonne

L’attachement que j’ai eu pour Yvonne – cette femme octogénaire, grand-mère et veuve – est venu naturellement au bout de seulement cinq pages ! Le dessin est si fin et le scénario si franc qu’il est difficile, même pour un caillou de ne pas être ému.e. (ouiii bien sûuuur) !

Le gros + : l’avis de M. Allezjelis (mon chéri)

D’abord, le dessin. Je le trouve beau, et les couleurs sont profondes. Dans les BDs – ou les romans graphiques – c’est le dessin qu’on touche en premier. Des fois, le dessin nous touche peu, alors on concentre notre attention sur le texte – ce qui sauve parfois l’ouvrage et nous aide à apprécier l’ensemble -. Mais j’ai été emporté par le dessin dès les premières vignettes. Puis le personnage principal m’a beaucoup attendri. Ca fait écho à des gens que je connais dans la vraie vie – et en tant que pasteur, des personnes âgées, seules, en proie à ce genre de déprimes et de sentiment d’abandon, j’en côtoie, forcément. J’ai beaucoup aimé la sensibilité avec laquelle son histoire nous est rapportée, sans tabou, en mettant l’accent non seulement sur la tristesse de ce que vit cette femme, mais aussi sur tous les petits plaisirs qu’il lui reste. D’ailleurs, en parlant de plaisir, je trouve très chouette qu’elle ait l’énergie d’oser pimenter sa vie. Je vois tellement de gens qui n’osent plus…Bref, même s’il ne s’agit pas du même univers, cette BD m’a beaucoup fait penser à Vol au-dessus d’un nid de coucou, de Ken Kesey, qu’on connait surtout grâce au film qui en a été fait, avec un magnifique Jack Nicholson en acteur principal. J’y retrouve le même élan de vie, cette vie qui veut décloisonner les situations desespérées pour faire entrer un peu d’air là où on étouffe. C’est une BD qui -malgré les apparences – donne de l’air, et sensibilise à la solitude de nos vieux.

Conclusion

En bref, j’ai adoré l’intrigue, le personnage d’Yvonne ainsi que ses amis hauts en couleurs. Cette BD est fine, ne tombe pas dans les clichés faciles et a le mérite de redonner de l’importance au quotidien des personnes âgées qu’elles jugent bien souvent inutile.