Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt

Edition : Magnard

Nombre de pages : 115 pages



Résumé :

Oscar a dix ans et il vit à l’hôpital. Même si personne n’ose le lui dire, il sait qu’il va mourir. La dame rose, qui le visite et « qui croit au ciel », lui propose d’écrire à Dieu pour qu’il se sente moins seul. A travers cette correspondance originale le récit aborde, du point de vue de l’enfance, des questions philosophiques et existentielles : la maladie, la souffrance et la mort, la rencontre avec l’autre et avec le mystère…

Lis moi !


Pourquoi lire “Oscar et la dame rose” ?



Après avoir lu et adoré « l’Evangile selon Pilate » et « Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran », je me suis décidée à poursuivre sur « Oscar et la dame rose ». Ce petit livre d’à peine 99 pages m’a fait passer un bon moment, je t’en parle donc ici en détails.

La rencontre entre Oscar et la dame rose

Oscar est très malade. Il sait au fond de lui que sa vie va se terminer. Du haut de ses dix ans, il ne comprend pas pleinement tout ce que ça implique. Ce qu’il comprend par contre, c’est que les adultes n’osent pas lui dire cette vérité. Le médecin, ses parents, tout le monde évite le sujet, une chape de silence est posée. Mais une dame, habillée en rose, va surgir dans le quotidien de ce petit bonhomme. Elle est honnête avec lui et répond à ses questions (le peu de fois où elle admet qu’une réponse est possible) et lui propose d’écrire à Dieu sous forme de lettres.

Ces croyances qui font tenir

Eric Emmanuel Schmitt est croyant. Il ne s’en cache pas même s’il n’aime pas qu’on le range dans dans la case bien délimitée d’une confession religieuse. Par ce conte moderne et la joyeuse relation qu’entretiennent Oscar et la dame rose, l’auteur expose ses réflexions sur la maladie, la mort et le sens de la souffrance. Il ne donne pas des réponses toutes faites à ces questionnements ô combien complexes, mais livre en douceur, les croyances qui le font tenir dans cette vie.

Un duo très rigolo

Je me suis attachée à ce duo très rigolo qui sort clairement de l’image que je m’étais faite en lisant le résumé. Oscar est têtu, parfois incorrigible et sensiblement intelligent. La dame rose est quant à elle assez brut de décoffrage (il suffit de l’écouter parler… rires) et dit les choses comme elles lui viennent. Bref, ces deux-là sont un vrai bol d’air frais à déguster !

À bas les clichés !

J’ai eu peur que l’auteur tombe dans le pathos et cherche à tout prix à soutirer quelques larmes aux lecteurs et lectrices. J’ai aussi eu peur de la tentation qu’ont beaucoup d’auteur.e.s de romantiser la maladie ou le handicap sans n’avoir jamais connu cette condition de vie (maladie en stade terminal, lourde maladie chronique, handicap impactant fortement la qualité de vie de la personne). Bref, je commence à être allergique à ce genre de récit ! L’auteur est heureusement resté à distance de ces pièges, tout en se servant de la maladie de ce garçon pour aborder le plus simplement possible l’injustice de la mort qui nous touchent tous et toutes un jour (même si c’est pour certain.e.s bien trop tôt).


Conclusion

En bref, j’ai vraiment apprécié ce livre (qui a d’ailleurs été adapté en film et que je souhaite voir) ! Il est court, direct et ne tombe pas dans les écueils habituels de la maladie surexploitée pour émouvoir le plus possible. Eric-Emmanuel Schmitt a ce talent de construire des histoires touchantes et cela en quelques chapitres seulement. Je note tout de même que ce livre semble plus à destination des jeunes adolescents, même s’il se lit très bien à l’âge adulte.